Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 11:46

 

Le rôle de l’Union européenne du FMI, la Banque mondiale vis-à-vis des forêts tropicales d’Afrique Centrale


L’Afrique Centrale est encore soumise à un système néocolonialiste, perpétué par les anciens réseaux d’influences de toutes sortes, les capitaux étrangers et quelques élites puissantes au niveau national y sont fortement actives. La France, la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne ont joué un rôle significatif dans l’histoire coloniale de cette région, et tous continuent à être de puissants partenaires en terme de commerce, d’orientation des politiques macro-économiques et d’initiatives de conservation. Leurs partenaires de l’UE, les banques de développement multilatérales, notamment la Banque mondiale et le FMI, appuient leurs initiatives grâce aux subventions et facilités financiers accordés.

 De nombreux exemples mettent en évidence quels pays, Par la mise en place des Dirigeants non élus, n’ayant aucune connaissance en matière de gestion de biens public et de management dédié au développement économique de leur pays , les réseaux liés au lobbies d’affaires des anciennes colonies tiennent le levier du pouvoir, en particulier au travers des politiques d’ajustement structurel et des conditionnalités de paiement imposé par les créanciers, pis encore, les détournements tripartite d’une part les entreprises appuyés par la France-Afrique , qui obtiennent des marchés de fois non exécuté , ou trop surfacturés, qui servent de prétexte pour détourner des sommes alloués dans les prêts bilatéraux, multilatéraux, des sommes qui sont retournés en europe par la suite, voilà pourquoi les Présidents  de l’Afrique centrale ne sont que des marionnettes ou,  l’ancien président du Gabon, Omar Bongo, l’un des dirigeants Africains qui fut le plus étroitement liés à l’administration française, avait comparé la France sans l’Afrique à une voiture sans essence, et il aurait ajouté que l’Afrique sans la France serait comme une voiture sans chauffeur. La plupart du temps, les anciens pays coloniaux, avec les institutions multilatérales dont ils font partie et les sociétés transnationales qui ont leur siège social dans ces pays, restent fermement installés à la place du chauffeur, dictant les termes du développement et de la conservation dans la région.

Depuis leurs déclarations d’indépendance, qui remontent à plusieurs dizaines d’années, la plupart des six pays figurant dans ce rapport — le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo (Brazzaville), la République Démocratique du Congo (ancien Zaïre), la Guinée Équatoriale et le Gabon — ont connu des périodes de grand désarroi politique. Aucun n’a réussi à établir une démocratie solide, fondée sur une forte implication de la société civile. Tous ces pays sont incapables d’assurer des prestations, même de base, dans les secteurs de l’éducation et de la santé pour bon nombre de leurs citoyens. Tous ont d’énormes dettes qui sont de véritables fardeaux ; chaque année, ils doivent payer des sommes astronomiques aux créanciers multilatéraux et bilatéraux pour rembourser ces dettes, sans qu’on sachent exactement à quoi à servir les prêts consenti par le club de paris, le FMI, la banque mondiale et autres bailleurs de fond. Ces remboursements écrasants, ajoutés à un manque d’espace démocratique permettant un véritable engagement de la société civile et à la corruption, entravent l’apparition et la mise en place de politiques qui faciliteraient un développement durable et juste sur le plan écologique et social.

 

Les politiques de gestion forestière

Dans ce contexte, les gouvernements nationaux continuent à appliquer des politiques de gestion forestière qui datent du siècle dernier ou même antérieur et qui ont été instaurées par les pouvoirs coloniaux. Ils sont encouragés en ce sens par les institutions multilatérales et bilatérales, vis-à-vis desquelles ils sont lourdement endettés, ceci faisant partie des politiques d’ajustement structurel et des programmes de libéralisation imposés par ces institutions comme des conditionnalités à la poursuite des prêts. Ainsi, le principal but des politiques forestières dans la région est la production de bois industriel pour l’exportation, en allouant la majorité de l’espace forestier à titre de concession d’exploitation. Le cadre politique ainsi mis en place a peu d’égards envers les besoins et les droits des populations locales, et ne se soucie guère de la capacité des gouvernements à mettre en place et faire respecter ces lois. Les législations forestières ne sont souvent pas claires ou sont contradictoires.

Dans ces conditions, nous ne voyons pas comment l’Afrique peut exiger aux entreprises exploitants de forêts, un plan de gestion durable , de reboisement, ou de recyclage de matériaux bois, car cela peut servir aux populations vivants dans ces localités à développer l’expansion agricole, car la sure de bois est une plaquette qui regorge de l’oxygène important, donc peut fertiliser la terre, et réduire les intrants polluants qui détruits les terres cultivables . 

 

Même en laissant de côté les problèmes de développement social, et en gardant une perception de la forêt limitée à la production de bois, de sérieux problèmes demeurent au sein du secteur forestier de la région. Alors même que les lois nationales exigent un standard minimum en termes de gestion forestière, atteindre ce standard minimum semble être l’exception plutôt que la règle. Les gouvernements n’ont pas la capacité de contrôler les activités des sociétés d’exploitation forestière, ni d’appliquer la législation en vigueur (notamment parce que des programmes récents de la Banque mondiale et du FMI ont exigé la réduction du nombre des employés publics et de leur salaire).

 

Bien que les données de terrain sur les activités forestières des six pays soient rares, il est clair qu’au Cameroun, où les activités forestières commencent à être contrôlées de façon plus étroite par la société civile et le ministère chargé des forêts, l’exploitation et le commerce illégaux du bois sont pratiqués à grande échelle. Dans la province de l’Est, où se situent actuellement la majorité des exploitations, il a été estimé que 50 % du bois était exploité illégalement, Vu la faiblesse ou l’absence d’aptitude des divers gouvernements nationaux à contrôler les sociétés et à faire respecter la législation en vigueur, il y a peu de chance que la situation soit significativement différente dans les autres pays de la région.

 

Le rôle de la Chine dans le pillage

Le récent afflux de capitaux privés asiatiques dans le secteur forestier d’Afrique Centrale a amené dans la région des méthodes d’exploitation plus agressives et plus explicitement dénuées de préoccupations à long terme, avec l’exploitation d’un plus grand nombre d’essences dans un intervalle de temps plus court, essentiellement pour l’exportation en grumes Cette approche a été comparée défavorablement à la pratique d’abattage sélectif des sociétés d’exploitation forestières européennes. Alors que les concessionnaires œuvrant dans les forêts d’Afrique Centrale soutiennent que de grandes concessions sont nécessaires afin de développer, sur de longues périodes, des techniques d’aménagement forestier durable, tout reste à prouver sur le caractère durable des techniques d’abattage sélectif, y compris pour la production durable à long terme. La majorité des sociétés forestières européennes pratiquent l’abattage sélectif d’arbres, qui consiste à n’exploiter que quelques essences à forte valeur commerciale. Même si cette méthode d’abattage cause moins de dommages que l’abattage systématique, elle n’est pas sans conséquences sur l’environnement. Rechercher les meilleurs arbres impliquent l’ouverture de larges pistes. Ceci facilite l’accès aux forêts pour les chasseurs qui ont décimé la faune sauvage dans les zones d’exploitation forestière. La technique qui vise à sélectionner les plus gros arbres d’une espèce donnée a également de lourdes conséquences sur les usages locaux et sur le maintien de la biodiversité, la régénération de ces espèces pouvant être menacée.

En dépit des lois qui exigent la transformation accrue du bois sur place (comme la production de sciages, de placages ou autres produits) car elle génère davantage de revenus, l’exportation de grumes brutes prédomine, la transformation du produit brut étant réalisée ailleurs, principalement en Europe ou en Asie. Mais les politiques favorisant la transformation locale pour augmenter la valeur ajoutée soulèvent à leur tour de nouveaux problèmes : la demande de grumes pour approvisionner l’ensemble des scieries augmente la pression sur les forêts, occasionnant des coupes de bois illégales. Certains affirment qu’il y a aujourd’hui trop de scieries à approvisionner au Cameroun, si l’on veut que la forêt survive.

Certaines sociétés européennes ont admis que les activités forestières en Afrique Centrale n’ont pas été réalisées de façon viable dans le passé : un directeur de la compagnie forestière Rougier a affirmé, lors d’un entretien avec une revue professionnelle française, que pendant les 40 dernières années l’exploitation forestière était de type minier. Ces récoltes non renouvelables ont eu pour conséquence le déplacement progressif des sociétés d’exploitation vers de nouvelles zones de la forêt tropicale, laissant sur leur passage une forêt dégradée. Beaucoup de sociétés qui ont opéré pendant des décennies en Afrique Centrale commencent à peine à mettre en place des plans d’aménagement forestier. Souvent, ce travail est subventionné et entrepris par une tierce partie, par exemple des instituts publics bilatéraux ou des ONG internationales. Il est difficile de savoir jusqu’à quel point les sociétés d’exploitation industrielle européennes sont en mesure d’exiger, et exigent effectivement, des plans d’aménagements forestiers durables lorsqu’elles sous-traitent l’exploitation des forêts pour d’autres compagnies.

 

L’assistance financière internationale

L’essor de l’exploitation industrielle de la forêt en Afrique Centrale et du Cameroun résulte en grande partie des politiques d’ajustement structurel et de libéralisation économique imposée par les créanciers multilatéraux et bilatéraux. La France est un des plus importants prêteurs bilatéraux et donateurs dans la région. Les sociétés françaises jouent un rôle majeur dans l’exploitation des forêts de la région (voir tableau 1). D’autres Etats membres de l’UE, ainsi que l’UE elle-même, fournissent une importante assistance financière — sous forme de prêts et de subventions — aux pays d’Afrique Centrale, et ce depuis des décennies. Les fonds sont souvent utilisés pour la réalisation d’inventaires forestiers, pour aider les compagnies forestières de l’UE à concevoir des plans d’aménagement forestiers, ou pour la création et la gestion d’aires protégées. La Commission européenne (CE) a fait un certain nombre de déclarations politiques sur les forêts tropicales, qui ont souligné la volonté de la CE de jouer un rôle positif dans la conservation des forêts tropicales. En 1989, ceci incluait une stratégie d’actions dans le domaine du commerce du bois, comportant notamment la mise en place d’un code de déontologie pour les sociétés européennes d’exploitation forestière.

 Cependant, alors que cela était considéré comme une priorité, rien n’a encore été réalisé aujourd’hui. En 1995, un protocole sur la forêt a été ajouté à la convention de Lomé (protocole N° 10). Ce protocole prévoit, entre autres, un soutien aux pays de la zone ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) pour le développement de la gestion durable des forêts et insiste sur la nécessité de mettre sur le marché du bois provenant de forêts aménagées. Un des plus grands projets de conservation et de développement durable de l’UE est le Programme de conservation et d’utilisation rationnelle des écosystèmes forestiers d’Afrique Centrale (ECOFAC), qui est mis en œuvre dans six aires protégées dans la région. Le projet a été lancé en 1992 et a reçu 33 millions de dollars.

La Banque mondiale a fourni l’assistance technique nécessaire pour la réforme du secteur forestier, contribuant par exemple à la conception de l’actuelle loi forestière camerounaise et à celle du Gabon actuellement en cours. Cette assistance technique est clairement orientée vers le développement de l’industrie du bois, avec comme objectif d’améliorer l’efficacité de l’exploitation et de tirer parti des marges bénéficiaires du secteur. Le processus d’adjudication publique des concessions introduit au Cameroun devrait réduire la corruption parmi les fonctionnaires et le personnel expatrié, sans pour autant l’éliminer. Toutefois le fait que les appels d’offres mettent l’accent davantage sur la composante financière des dossiers que sur leur valeur technique n’encourage pas la promotion de la gestion durable des forêts, et peut même favoriser la recherche de profit à court terme (voir Cameroun, page 15).

La contribution la plus importante au développement durable dans ces pays serait, de loin, l’annulation de la dette. La plus grande partie a été contractée envers les pays du G7, soit directement, soit indirectement à travers la Banque mondiale et le FMI. Beaucoup des pays cités dans le présent rapport consacrent plus d’argent au remboursement des dettes qu’à la santé et à l’éducation réunis, et chaque année, ils versent plus d’argent qu’ils n’en reçoivent sous forme de subventions. Certains pays du G7 ont promis d’annuler au moins une partie de la dette impayée. La Banque mondiale et le FMI ont mis en place l’Initiative concernant la dette des pays pauvres très endettés (PPTE) qui annule certaines dettes, mais pas toutes (voir encadré). En dépit du niveau de pauvreté de ces pays, seul le Cameroun a les qualifications requises pour voir une partie de sa dette annulée, ceci restant soumis à des conditionnalités incluant la réforme de l’administration forestière.

PPTE à quoi ça sert ????

L’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) a été lancée en 1996 par la Banque mondiale et le FMI et le concept de « viabilité de la dette » a été introduit. Les créanciers évaluent quelle part de sa dette un pays peut rembourser à moyen ou long terme (dette viable) et effacent le reste (dette non viable). Seules les dettes accumulées avant une date donnée peuvent bénéficier de l’initiative PPTE. L’estimation de la « viabilité » de la dette est basée principalement sur le rapport entre le remboursement de la dette et les gains générés par les exportations, et non sur la pauvreté absolue d’un pays ou celle de sa population.

Pour bénéficier des réductions, un pays doit s’engager pour six ans dans une réforme économique stricte sous le contrôle du FMI. Il doit s’ouvrir aux biens étrangers, privatiser les entreprises, déréguler ses secteurs financiers et banquiers, réduire les dépenses publiques et développer une stratégie de réduction de la pauvreté. Un des objectifs principaux de l’initiative PPTE est d’encourager l’investissement privé. On estime que la moitié des pays identifiés PPTE ne vont pas atteindre les objectifs et ne pourront pas ainsi bénéficier de l’allégement de la dette. Voilà que 5ans après il ya que des détournements massifs des sommes notamment au Cameroun, ou la plupart des ministres sont aujourd’hui en prison, alors que ces sommes sont déposés dans les banques en Europe, personnes ne pensent à exiger l’interdiction d’importation (des sommes sans justificatif d’origine)en provenance d’Afrique centrale ?? Voilà un exemple à apprendre : les USA ont accepté au Cameroun le rapatriement des sommes volés et  déposés par les dignitaires du Régime BIYA


NB- on ne peut plus continuer comme ça, car le peuple est entrain de mourir et de famine, de sida, de paludisme, de typhoïde  ne peuvent pas se soigner la planète détruite par l’élimination des forets primaires.

Halte aux soutiens des dictateurs en Afrique centrale  

Exportations vers l’Asie. La Chine est désormais le plus gros pays importateur de bois issu du Bassin du Congo. L’UE reste au rang de première zone consommatrice, totalisant 64 % des exportations de bois (en volume équivalent bois rond) en 1999. Les exportations vers l’Asie se font principalement sous forme de grumes tandis que les importations de l’UE se composent de grumes et de bois transformés. Au sein de l’UE, la France est le plus gros importateur de bois africain, suivie par l’Espagne, l’Italie et le Portugal.

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Par Aider à proteger les forêts en afrique - Publié dans : Rapport & publications - Communauté : defenseur de l'environnement
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